Synthèse I et II

Synthèse :

S'est produit ce que personne ne prévoyait il y a encore quelques années : une crise économique mondiale qui déjà parait plus rapide et plus profonde que celle de 1929-1930.

I. Les différences exactes entre une véritable crise mondiale et une simple récession, dépression à court terme de l'activité économique.

Aux USA, comme en Angleterre, tous les politiciens et économistes sont conscients que l'on est dans une situation qui risque de détruire complètement le système économique et social tel qu'il existe alors qu'en Europe et notamment en France et Allemagne, les politiciens considèrent la crise comme étant cyclique et ne font rien.

Une véritable crise économique est la situation où tous les mécanismes, toutes les forces qui assuraient la stabilité plus ou moins relative du système économique et social sont toutes détruite.

C'est donc la situation où la société est engagée dans un processus d'appauvrissement cumulatif qui, si il n'y a pas de réaction suffisante, peut aboutir à la quasi autodestruction de la société telle qu'elle existe. C'Est-ce type de situations qui existaient dans les années 30 aux USA.

C'est aujourd'hui la conscience qui domine tous les responsables américains car s'ils ne font rien, à l'issu de 2012, on ne peut pas savoir si les USA existeront encore. Car tout s'accélère de plus en plus. On est donc dans une situation qui est très au-delà de la simple récession dont on parle en Europe. Si rien n'est fait d'ici 2012, on prévoit la perte de 8 à 9millions d'emplois ce qui amènerait une situation pire que dans les années 30.

Tout le problème est de savoir comment en est-on arrivé là? Aurait on pu l'éviter? Et que faire aujourd'hui?

II. Comment en est on arrivé là.

Il n'y a, aujourd'hui, plus de doutes. Par suite d'une série de choix de politiques économiques et sociales à partir du milieu des années 90, le gouvernement américain a totalement détruit toutes les bases sur lesquelles étaient fondées la croissance américaine. Cette croissance, comme d'ailleurs celle de toutes les économies modernes est directement fondée sur la consommation. Les investissements privés ne sont qu'une simple réponse des entreprises à leurs prévisions de croissance de la consommation des ménages.

La 2ème source de la croissance est celle des dépenses publiques.
Les entreprises ne répondront de manière positive à l'endettement des ménages pour réaliser leur consommation que s'il y a une ancre dans le système, quelque chose qui leur permet de faire des paris dynamiques sur l'avenir et cette ancre c'est la croissance des dépenses publiques au sens large. D'ailleurs, d'après les données du ministre du département du travail américain, ce qui, jusqu'à l'été 2008, a enrayé l'augmentation du chômage a été la création d'emplois dans le secteur public. Même l'administration Bush n'avait jamais eu le même objectif que le Président Sarkozy : Liquider la fonction publique.

Pourquoi ces bases de la croissance ont-elles été systématiquement détruites?
Parce qu'à partir du milieu des années 90, et surtout à partir de l'époque Bush, on renverse complètement ce qui était resté d'influence keynésienne dans la politique économique américaine. On va se donner comme objectif une économie totalement fondée sur les prétendues forces du marché, sur l'initiative individuelle, au nom d'a priori totalement dogmatiques, sinon religieux.
L'Etat est en soi improductif, l'Etat fait tout mal, le secteur privé fera tout mieux donc on entame une politique de réduction des dépenses publiques. L'emploi public continue à augmenter mais de moins en moins. Et s'il augmente au niveau fédéral, il se réduit au niveau des Etats car ceux-ci sont obligés d'équilibrer leur budget. Les riches imposent la réduction des impôts notamment en Californie et on réagit à cela en réduisant les emplois publics.

Le 2ème dogme de cette idéologie appelée la révolution conservatrice est que le budget doit être équilibré, a priori le déficit budgétaire est mal. Le résultat est tel que l'Etat dépensant de moins en moins, les entreprises ont des anticipations de plus en plus pessimistes et donc, elles ne répondent plus à l'endettement des ménages par l'accroissement des salaires. Et à ce moment là se met en œuvre un mécanisme tel que les ménages américains sont obligés de compenser la tendance à la réduction de l'emploi, à la baisse des salaires, en s'endettant de plus en plus. Et donc les ménages américains sont obligés de se mettre dans une position de quasi faillite à long terme.

Dès lors, la consommation ne peut plus augmenter suffisamment vite car il y a une limite à cet endettement des ménages qui n'est plus garanti par des hausses de salaire. Dès lors, les profits dans l'économie réelle commencent à baisser, comme à la fin des années 20. À ce moment là, le milieu d'affaire américain va fuir vers l'hyper spéculation et c'est là l'origine de la crise financière, les banques désormais accordent le plupart de leurs crédits pour financer des opérations qui n'ont plus aucun rapport avec la croissance réelle, toute une pyramide inversée n'arrête pas de s'accroître.
Les banques américaines accordent des crédits en dollars à des banques françaises et allemandes, qui ensuite les reprêtent à des taux d'intérêts beaucoup plus élevés à des PED.

Il arrive un moment où cette contradiction croissante entre une économie réelle, qui s'appauvrit et une sphère financière ne reposant sur rien, n'est plus viable. C'Est-ce que l'on peut appeler l'effet papillon. Il suffit que certains ménages parmi les plus pauvres, s'avèrent incapables de faire face à leurs échéances. Il suffit que le prix des maisons saisies par les banques commence à baisser pour que tout d'un coup, tous ces paris spéculatifs que l'on avait fait sur l'avenir se renversent.

Tous les intermédiaires financiers qui s'étaient lancés dans ces opérations font faillite. Les banques qui avaient consacré la plupart de leurs crédits au financement de ces opérations se retrouvent avec des actifs qui étaient nuls. À la fin du mois de septembre, au regard des règles de la comptabilité ou du droit commercial, toutes les banques américaines et européennes sont juridiquement en faillite. À ce moment là, la crise financière rétro agit sur l'économie réelle.

Commentaires (1)

1. solène La1 sjepg de besançon 09/06/2009

merci d'avoir mis ce cours tout simplement.

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