Partie II Section III §2.

§2. Les principes du plan de reconstruction.

L'urgence est totale et cela explique le plan ambitieux de sauvetage et reconstruction envisagé par Obama.

Les principes en sont les suivants :
On ne peut sortir les USA de la crise uniquement en restaurant le rôle de l'Etat càd en faisant de l'Etat le guide, l'animateur de la société. Le principe de l'économie de marché est terminé. Ce dont on doit s'engager dans un programme à très long terme (25 ans à venir) est un programme d'augmentation des dépenses publiques qui devraient être d'au moins (en terme réels) de 8 à 9% par an.
Cette augmentation des dépenses publiques à long terme doit correspondre à des programmes d'investissement public à long terme dans les domaines jugés fondamentaux pour restaurer la société américaine. Cette croissance de l'investissement public va refléter l'augmentation des déficits budgétaires. Plus personne aujourd'hui aux USA ne soutient l'objectif d'équilibre budgétaire du moment que le déficit budgétaire représente des dépenses indispensables.
Cela signifie que la dette publique doit augmenter et comme l'a déclaré Obama « la croissance de la dette publique n'est pas un fardeau qu'une génération présente et insouciante transmet aux générations futures, c'est au contraire un don que l'on fait à ces futures générations ». Car on oublie que premièrement la dette publique est détenue par les américains et donc qu'elle va se transmettre. Le revenu versé sur la dette publique est un revenu versé à ses détenteurs. L'Intérêt sur la dette publique fait partie du revenu de la population. Du moment que la dette publique a pour contrepartie la création d'un capital réelle, socialement utile et productif, ce capital bénéficiera aux générations futures.


Pourquoi en France a-t-on de la recherche une vision tellement restrictive?
Parce que le ministère des finances, le CNRS (Comité National de Recherches Scientifiques) n'accepte comme dépense légitime de recherche que ce qui peut aboutir à des investissements privés dont on peut calculer le taux de rendement ou le taux de profit. Au contraire, la politique où la philosophie économique, celle des USA par exemple, est telle que tout investissement public est un pari que l'on fait sur l'avenir qui en tant que tel va être créé par ce que nous faisons aujourd'hui.

La notion même de vouloir calculer le taux de rendement d'un investissement public, qui est un pari devant bénéficier à la société, est donc une absurdité voire même une véritable escroquerie.

A. Le problème des infrastructures :
L'infrastructure, au sens large du terme, c.à.d. en terme de voies de communications, il faut reconstruire le système ferroviaire qui a totalement disparu et les axes routiers sont en très mauvais état. L'idée serait de reconstruire un système fédéral de transports ferroviaires qui permettrait de réduire le nombre de poids lourds et donc la consommation d'essence. Les aéroports américains, du fait de leur privatisation, sont en général dans un état lamentable, les normes de sécurité ne sont pas respectées, un système de sécurité est procuré par des sociétés privées. Il revient moins cher d'aller de Paris au Texas que de voyager à l'intérieur des USA en avion. L'idée serait de revenir à la une idée publique des transports et de reconstruire des services publics de transports.

Il en est de même dans le secteur énergétique, la privatisation dans ce secteur a conduit à des catastrophes, le système est totalement archaïque et les tarifs deviennent exorbitants. L'idée que le privé fait mieux que le public est une idée totalement morte d'après cette nouvelle politique d'investissements à long terme.

B. la reconstitution du capital humain et du capital environnemental.

Outre l'infrastructure, on doit aussi investir dans la reconstitution et du capital humain et du capital environnementale.

Le capital humain.

Pour le capital humain, il s'agit de dépenser massivement dans les 3 domaines où il y a un retard considérable des USA : les retraites, l'éducation et la santé.

_Les retraites

Comment redonner aux américains des retraites qu'ils n'ont plus et comment assurer à ceux qui ne sont pas encore à la retraite, de retraites leur garantissant un mode de vie normal?
L'idée est qu'il devrait y avoir une caisse nationale de retraire qui reprendrait à son compte les fonds de pensions qui deviendraient nationalisés et qui recevraient les cotisation prélevées sur les travailleurs mais également les subventions données par le gouvernement fédéral. Avec une récente décision de la cour suprême a déclaré inconstitutionnelle la retraite obligatoire. L'idée étant qu'on ne doit obliger personne à travailler jusqu'à leur mort mais que ceux qui le désirent puissent conserver leur emploi ou bien obtenir un emploi nouveau par l'intermédiaire du retour aux études. Et ce programme de retour aux études est un des éléments du plan de reconstruction du système des retraites.

_L'éducation.

On doit avoir un véritable système fédéral qui permettrait la construction d'un enseignement primaire et secondaire de qualité accessible à la majorité de la population qui paierait des enseignants de qualité et qui suivrait des programmes de type européens.
En ce qui concerne les universités, il faudrait un système fédéral qui permettrait de réduire les frais de scolarité, l'idée est de les réduire au moins de moitié et de développer considérablement le système des bourses qui est en train de se réduire. Cette politique a non seulement un but économique mais aussi un but politique car dans beaucoup d'Etats du Sud, les législatures ont passé une loi dite loi de l'enseignement parental c.à.d. que des familles trouvant que leurs enfants seront exposés à des idées dangereuses dans des collèges, se chargent elle-même de l'enseignement à partir de manuels spécialement destinés à cet usage.

_La santé.

Le programme prévoit des dépenses vraiment considérables tant il y a à faire.
Premièrement, on doit donner une dotation fédérale aux hôpitaux publics parce que, suite à des mesures prises au temps de l'administration Bush, tous les hôpitaux même publics sont obligés de dégager des profits. S'ils ne dégagent pas de profits, on les ferme.

Comment un hôpital peut-il réaliser des profits?
En augmentant considérablement les frais d'hospitalisation très au-delà de ce que garantissaient les régimes pris au temps de l'administration Johnson. Si les patients ne peuvent pas payer, les hôpitaux les mettent dehors.

Pour dégager d'énormes rentabilités, les hôpitaux refusent de plus en plus de traiter des malades atteints de maladies chroniques à moins qu'ils ne soient intégralement assurés. Ce qui soulève le problème dramatique de jeunes étudiants atteints du sida par exemple et que même l'hôpital universitaire refuse de traiter car cela briserait ses marges de rentabilité.

Comment la population fait-elle alors?
Les classes moyennes américaines financent leurs dépenses de santé par des régimes d'assurances privées. Comme celles-ci ont subi des pertes en capital du fait de la crise financière, les frais d'assurance deviennent prohibitifs. Les compagnies d'assurance font signer un document où l'on doit certifier que l'on a jamais eu de maladie récurrente ou incurable. Ce qui signifie que des personnes atteintes de maladies comme la sclérose en plaque ou le sida ne sont plus assurées, les compagnies ne veulent plus les assurer.

Aujourd'hui on estime qu'à peu près la moitié des ménages des classes dites moyennes ne se soignent plus du tout car n'ayant plus d'assurance et ne pouvant donc plus se rendre chez le médecin. La qualité de santé de la population risque donc de chuter considérablement.

Ce système ne peut pas durer, il est moralement indéfendable, économiquement désastreux parce qu'en terme de coûts humains, il est catastrophique.
L'état de santé de la population américaine est désastreux. L'obésité est un fléau car les étudiants se ruinent pour le paiement de leurs études, sont très mal assurés et vivent de fast-food, d'alcool et donc de nourriture de très mauvaise qualité.

Que faire contre cela?
Les compagnies d'assurance refusent un système plus socialisé de santé que propose Obama, elles s'y opposent totalement.

Qu'Est-ce qui est envisagé actuellement?
Ce serait d'abord de soustraire les hôpitaux à ces normes de rentabilité.
Ensuite, ce serait une socialisation partielle de l'industrie pharmaceutique. Cela signifie que les médicaments les plus chers seraient achetés aux compagnies pharmaceutiques par une agence fédérale qui les revendrait aux particuliers ou aux hôpitaux à des prix normaux.
Et enfin il faudrait ou bien supprimer le régime des assurances ou bien qu'un partie des primes d'assurance soient prises en charge par l'Etat fédéral et donc les compagnies d'assurance seraient obligées de tout assurer.

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