Partie II Section I

Partie II : La crise de 2008 ...

Section I : Les causes réelles de la crise financière actuelle.

La crise financière a éclatée aux USA parce que les ressorts de la croissance avaient été remis en cause depuis 1996.

Dans le New York Time, Krugman affirme que la crise financière était parfaitement prévisible car l'économie américaine était de plus en plus fragile. Parmi les quelques autres, Galbraith.

Pourquoi peut-on dire que l'économie américaine était devenue de plus en plus fragile à partir de 1996? (sous l'administration de Bill Clinton)

Pour l'exemple de l'économie américaine de 1954 à 1996, qui est une période de croissance stable où les USA atteignent le plein emploi. Le taux de chômage était de 3% seulement en 1993.
Plus les États-Unis se sont rapprochés du plein emploi, plus l'inflation a baissé. Ce qui va à l'encontre de la doctrine de la BCE.

Quels ont été les facteurs qui ont tiré la croissance américaine?

Il y en a fondamentalement trois :
_La croissance de la consommation des ménages américains explique à peu près 60% de la croissance à ce moment là.
_L'accroissement des dépenses publiques, aussi bien les dépenses dites d'investissement public y compris ce qui est dépensé dans les universités et les dépenses dites de consommation des administrations comprenant les traitements des fonctionnaires. Les dépenses publiques expliquent 30% de la croissance américaine.
_Les exportations expliquent 10% de la croissance. Et notamment les exportations de biens d'équipement.

Il y a un absent : l'investissement privé.
La croissance de l'investissement des entreprises américaines est entièrement expliquée par la croissance de la consommation et la croissance des dépenses publiques.

Ce qui veut dire que les entreprises américaines n'investissent que parce qu'elles parient sur une croissance future de la consommation qui explique à peu près les 4 cinquièmes de l'investissement privé et parce qu'elles parient sur une croissance des dépenses publiques.
L'investissement privé est un phénomène purement passif qui, pour l'essentiel, répond à l'augmentation de la consommation des ménages.
Par conséquent, on est obligé sur ce point, de conclure que Keynes avait raison de dire que « dans une économie de marché, on n'investit pas pour le plaisir d'investir, on investit parce qu'on espère pouvoir vendre plus aux consommateurs ».

Donc, de ces bases de la croissance américaine, on tire des conclusions fondamentales:
_Est-ce que ces conclusions sont valables en dehors des USA? L'étude est impossible pour faute de données.
_Comment peut-on expliquer que la consommation ait pu augmenter à un rythme aussi régulier? (en moyenne 5% par an)
Les ménages américains ont financé une partie croissante de leurs dépenses de consommation par un endettement envers les banques. De 1954 à 1996, de plus en plus, les ménages contractent des dettes envers les banques. En contrepartie de ces dettes, les banques créent de la monnaie pour les ménages et ainsi, les ménages américains ont pu dépenser pour leur consommation plus que le montant de leurs salaires.

Mais comment le système a-t-il pu fonctionné?
Plus les ménages dépensent, plus les entreprises constatent que leurs ventes augmentent, plus les entreprises, si elles ont le minimum de rationalité, vont faire le pari, et elles ont donc avantage à augmenter les salaires et l'emploi pour répondre aux paris sur les ventes futures.
Plus les ménages s'endettent, plus cet endettement enrichit l'économie, plus les entreprises vont à la fois augmenter l'emploi et les salaires et grâce à ces augmentations de revenus, les ménages pourront rembourser leurs dettes.
On est dans une époque de pari vertueux dynamique sur l'avenir.

Comparaison entre les USA et la France de 1983 à 1996 :
Pour les USA, on observe que la part des salaires dans le revenu national demeure quasi constante à environ 80%.
Pour la France, la part des salaires dans le revenu national ne fait que baisser et atteint environ 65% en 1996.
On a une évolution tout à fait extraordinaire. Jusqu'en 1996, la répartition aux USA est quasi stable alors qu'en Europe et particulièrement en France, la part s'écroule.

Cette remarquable stabilité de la part des salaires est le reflet de la stabilité de la domination de la consommation dans l'économie américaine.

 

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