Partie I Section I

Partie I : Comment en est-on arrivé là?

 

Parce que l'on a oublié les enseignements de la crise de 1929-1931 d'une part en ce qui concerne ses causes et d'autre par en ce qui concerne ses remèdes.

Section I : Quelles sont les causes de la 1ère crise mondiale?

Elle commence un vendredi du mois de septembre 1929, ses causes on peut les décomposer en 3 :

A. les erreurs de politique économique mises en œuvre de 1919 à 1929.
Politiques qui seront la raison pour laquelle Keynes écrira La théorie générale publiée en 1936. A partir de 1919, donc la fin de la 1ère guerre mondiale, tous les grands Etats industriels : USA, Angleterre, Allemagne, Japon et France se donnent comme objectif une réduction systématique des dépenses publiques afin de supprimer les déficits budgétaires résultant de la guerre.

Déjà dans tous les principaux Etats, la dette publique est regardée comme insoutenable, on doit s'efforcer de la réduire et comme le remarque dès 1925 Keynes, le seul moyen de réduire la dette publique est de réaliser un excédent budgétaire suffisamment important. On doit donc dépenser moins que ce que l'on prélève par impôt. La différence servant à rembourser la dette de l'Etat.

Ces politiques aboutissent à un prélèvement croissant sur l'économie nationale. Autrement dit, durant cette période les Etats qui se réclament du libéralisme économique agissent comme de véritables prédateurs.

Un excédent du budget c'est un appauvrissement du secteur privé. Et inversement, si l'Etat a un déficit il enrichit l'économie privée.
C'est ce principe que les politiciens des années 1919-1929 ne comprennent pas.

Pourquoi ces politiques d'austérité budgétaire de remboursement de la dette publique sont-elles catastrophiques?

Elles expliquent que de 1919 à 1929 le chômage ne cesse d'augmenter, l'économie dans aucun des pays dominants ne va revenir au plein emploi et c'est la raison pour laquelle Keynes écrira La théorie générale.

Est-ce que cette augmentation du chômage inquiète les responsables politiques de l'époque?

La réponse est catégoriquement non. Il y a un consensus qui s'établit sur la nécessité d'une augmentation du chômage pour que puisse fonctionner correctement une économie de marché. La proposition « le chômage est nécessaire » va être énoncée de la manière la plus brutale par un technocrate et économiste Français : Jacques Rueff dont la carrière est étonnante, il est déjà un des principaux responsables du ministère des finances, c'est l'avocat de politiques de réduction des dépenses publiques. Ultérieurement, il va devenir un adversaire à mort de Keynes à tel point que Rueff réussira à empêcher la publication en France de la traduction de la Théorie générale (qui ne sortira qu'en 1943).
Ensuite, il va être l'un des architectes de la série de complots qui amènent le régime de Vichy en 1940.
Pour Rueff le plein emploi est impossible, une politique de déflation permanente s'impose pour garantir ce montant nécessaire du chômage.

Comment expliquer que tous les états aient maintenu ces politiques qui aboutissaient à appauvrir l'économie nationale?

B. l'obsession du libre échange, l'obsession des exportations.
Une concurrence à outrance entre les principales nations industrielles en vue de réaliser un excédent commercial.
À partir de 1919, tous les grands pays adoptent un jeu suicidaire. USA, Angleterre, Allemagne, Japon et France n'envisagent comme moteur de la croissance que les exportations. Or, comme le remarque Keynes dès 1925, c'est un jeu auquel tout le monde finira par perdre. Car en vérité, nous sommes 5, chacun veut un excédent d'importation, personne ne veut de déficit commercial. Il est donc évident qu'un pays ne peut durablement avoir un excédent commercial que si d'autres pays acceptent un déficit commercial.
La situation de l'époque est exactement la même que la situation naissante, la Chine ne peut avoir un excédent commercial croissant que si les USA ont un déficit commercial.


Mais alors, comment de 1919 à 1929, chaque état va-t-il essayer de se donner les moyens d'augmenter les exportations?

Étant donné qu'à l'époque, un premier moyen aurait été de dévaluer la monnaie mais les dévaluations à l'époque sont impossibles car à partir de la fin de la guerre, on rétablit le régime de l'étalon or (transactions internationales et taux de changes sont déterminés en or).


Qu'est-ce qui reste comme arme ultime au gouvernement pour réduire les prix par rapport à leurs concurrents?

La baisse des salaires. Ce qui veut dire que pendant 10 ans, au nom du principe du libre échange, tous les principaux Etats se livrent à une course à la baisse du coût du travail, à la baisse des salaires.
Jacques Rueff écrira en 1925 dans un article où déjà il attaquait violemment Keynes, « les salaires ne seront jamais trop bas car c‘est le seul moyen de permettre le développement des exportations ».


Mais alors, tout s'explique. Comment dans des pays qui restent démocratiques, allez vous pouvoir imposer des réductions de salaires de plus en plus fortes? Grâce au chômage.


Donc, la cohérence des politiques de déflation est alors la suivante : la réduction des dépenses publiques, l'augmentation des impôts, réduire la demande interne. La réduction des dépenses publiques est déjà une obsession en France par la réduction du nombre de fonctionnaires.
Le résultat est que le chômage augmente et la pression du chômage sera telle que les ouvriers seront obligés d'accepter des baisses de salaires.
Mais personne n'y croyait sérieusement.


Cette baisse des salaires va être tellement importante que cette période de 1919 à 1929 se traduit par un bouleversement de la répartition.
Comme le remarque J. Galbraith, c'est l'âge d'or des revenus dans tous les principaux Etats. La part du travail est en dessous du niveau qu'elle avait atteint en 1914. Avant la guerre, il y a une paupérisation constatée par tous les historiens. Les 2 pays les plus affectés par cette paupérisation du travail sont la France et l'Allemagne. Tous les historiens remarquent que cette période est une période d'écrasement du revenu du travail.
La majorité des travailleurs dans l'industrie et dans l'agriculture sont juste au niveau de subsistance ce qui veut dire que la consommation baisse dans le revenu national. Autrement dit, ce qu'on appelle le fordisme n'existera jamais en France.
Cela explique beaucoup de choses notamment une des raisons pour lesquelles la natalité en France est faible c'est que les revenus sont trop faibles, il n'y a aucune sécurité sociale pour avoir beaucoup d'enfants voire même d'avoir des enfants tout simplement.

C. Un développement de plus en plus insoutenable de la sphère financière, de la spéculation financière par rapport à la croissance réelle.
La pyramide spéculative poussant à la hausse la valeur des actions ne reposait absolument sur rien.

D. l'oubli des remèdes et des solutions qui avaient été proposés.

Le débat de 1932 de la campagne électorale rappelle le débat qui a lieu aujourd'hui et qui met le candidat démocrate de plus en plus en avance. Les républicains en 1932 disaient « le seul remède c'est de couper encore plus les dépenses et les salaires » et c'est effectivement ce que propose plus ou moins aujourd'hui le tandem McCane - Sarah Pahlin (que le candidat républicain prend comme sa vice présidente éventuelle pour 3 raisons : c'est une femme, elle est présidente d'une église tellement conservatrice qu'elle est rejetée de toutes les autres églises et elle est gouverneur de l'Alaska et déteste tous les partisans de l'environnement).

Quelles ont été les solutions qui ont été envisagées pour sortir l'économie mondiale d'une crise de plus en plus grave? Qui a, à l'époque, le plus réfléchi sur les moyens de sauver l'économie mondiale?
C'est John Maynard Keynes (1888-1946), qui est certainement l'un des plus grands esprits au 20ème siècle, et aujourd'hui les dirigeants américains admettent que l'oubli des recommandations et des analyses de Keynes expliquent la crise actuelle.

Keynes, d'une certaine manière, va généraliser l'analyse qu'avait fait Henry Ford dans les années 20. Celui-ci avait dit « on ne veut vendre d'automobiles que si les ménages américains ont des salaires suffisamment élevés. » Et Ford s'insurgeait contre la pratique des industriels européens qui, au contraire, voulaient toujours réduire davantage les salaires.
Keynes est au centre d'un débat entre 2 visions radicalement différentes de l'économie de la société et même du droit qui commence dans les années 20 et qui dure aujourd'hui encore.


On verra l'opposition entre la vision orthodoxe classique du fonctionnement de l'économie et notamment de la détermination de l'emploi par rapport à la vision de Keynes.
L'opposition se centre sur le problème du chômage.
3 questions sont en jeu :
Le chômage est-il un choix ou non?
Si le chômage est involontaire, comment peut-on expliquer des situations où le chômage devient un phénomène de masse et ne cesse de s'accroitre?
Que faire alors?

Commentaires (1)

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